Mon caractère, ma bataille ? (2)

La deuxième situation à travers laquelle Dieu me parle concerne la prise en charge d’une autre de mes patientes (je rappelle que je suis infirmière à domicile et que je partage dans mon précédent article, du même titre, une situation à travers laquelle Dieu me parle et me transforme).

Cette fois-ci, je suis confrontée à une patiente réticente aux soins. J’ai droit avec elle à toute sorte d’insultes (“saleté”, “connasse”, “salope”, “si je pouvais te pisser dessus je le ferai”,…), à des coups de pieds et/ou des gifles (que j’ai appris à esquiver avec le temps), il lui arrive même de planter ses ongles dans ma peau jusqu’à saigner. J’ai décris la situation crûment pour montrer que parfois tout y est pour nous faire mal et nous pousser à réagir mal voire à abandonner. Il m’est arrivé une ou deux fois d’être au bord des larmes, prête à craquer, mais j’essayais de rester professionnelle autant que possible. C’était difficile d’accepter ce comportement car j’étais là pour la soigner et en retour j’avais tout le contraire d’une marque de reconnaissance. Comme me disait ma collègue en serrant sa poitrine : “Parfois ça nous prends là, au coeur”.

Lorsque je lisais les transmissions dans le classeur, mon ancien collègue que je remplace à présent décrivait le comportement de cette patiente : “Patiente très violente, agressive verbalement et physiquement. Je lui dis que si elle ne s’excuse pas et ne s’arrête pas alors je cesse les soins.” Il est vrai que c’est la première réaction que nous avons tous face à celui qui nous attaque : on se défend, parfois on fuit, mais est-ce vraiment la meilleure réponse? Ma logique humaine voudrait que je me sente blessée, que je ne me laisse pas faire et que je lui fasse comprendre qu’elle devrait me respecter. La recadrer en somme. Dans certains cas, recadrer un patient ou corriger une personne qui est en tort est nécessaire mais là, le caractère (d’après sa famille elle a toujours été autoritaire et méprisante, un caractère qui a empiré avec la maladie et le temps), l’âge (93 ans) et l’état de santé mentale (dû à la vieillesse) de cette patiente ne permettaient pas aujourd’hui qu’elle présente ses excuses ou qu’elle comprenne son attitude. Elle était en réalité très frustrée de perdre son autonomie et n’acceptait pas qu’elle devienne dépendante.

Seulement, je suis humaine, malgré mes efforts à être patiente, à l’écouter, à la comprendre et à rendre les soins agréables avec un peu d’humour et d’enthousiasme, parfois ça ne marchait pas, et au bout de 5 mois j’ai fini par craquer. Cette patiente eu une période agressive beaucoup plus poussée qu’à son habitude, et après deux semaines d’insultes, de coups, de propos violents, matin et soir, les larmes ont coulés. C’était un matin, je sortais de chez elle le coeur serré et une fois dans la voiture, j’ai pleuré. Les larmes expriment notre souffrance et elles m’ont permise de l’évacuer. Parfois il suffit de pleurer un bon coup et de repartir, c’est ce que j’ai fais et je suis reconnaissante à Dieu pour les larmes car sans elles, certaines douleurs seraient difficiles à faire sortir pour libérer notre cœur.

Lorsque je suis rentrée chez moi à la fin de ma journée, j’ai passé du temps dans la prière afin que Dieu me montre ce qu’il attendait de moi et de quelle manière je devais me comporter car je ne désirais qu’une chose c’était de tout abandonner pour ne plus voir cette patiente, elle avait dépassé les bornes, j’étais en colère contre elle, complètement découragée et impuissante face à cette situation. Ce qui est rassurant c’est que c’est dans nos faiblesses que Dieu manifeste sa puissance, c’est Lui qui change les situations et là-dessus on peut lui faire confiance : 

Nombre 23:19

« Dieu n’est point un homme pour mentir, Ni fils d’un homme pour se repentir. Ce qu’il a dit, ne le fera-t-il pas? Ce qu’il a déclaré, ne l’exécutera-t il pas? »

Il m’a fait la grâce d’être renouvelée et fortifiée, il m’a encouragé à persévérer grâce à Sa Parole, le psaume 37 en particulier. Croire et apprendre ces versets m’ont donné une nouvelle espérance.

Psaume 37

Versets 3-7 : “Confie-toi en l’Eternel, et pratique le bien.  Aie le pays pour demeure et la fidélité pour pâture. Fais de l’Eternel tes délices, et Il te donnera ce que ton coeur désire. Recommande ton sort à l’Eternel, mets en Lui ta confiance, et il agira. Il fera paraître ta justice comme la lumière, et ton droit comme le soleil à son midi. Garde le silence devant l’Eternel, et espère en Lui.”

Verset 8 : “Laisse la colère, abandonne la fureur, ne t’irrite pas, ce serait mal faire.”

Versets 23-24 : “L’Eternel affermit les pas de l’homme, et il prend plaisir à sa voie, s’il tombe, il n’est pas terrassé, car l’Eternel lui prend la main.”

Versets 39-40 : “Le salut des justes vient de l’Eternel, il est leur protecteur au temps de la détresse. L’Eternel les secourt et les délivre; Il les délivre des méchants et les sauve. Parce qu’ils cherchent en lui leur refuge.”

J’ai alors abandonné ma colère et ma détresse entre Ses mains, j’ai gardé le silence, ayant l’espérance qu’Il interviendrait.

Le lendemain, j’ai pris la décision d’intercéder pour cette patiente dans ma voiture chaque fois que je devais me rendre chez elle. Dieu m’a alors donné la capacité de ne plus être atteinte par la violence verbale et physique de cette patiente. Chaque fois que je la vois, je pose ma main sur elle et je prie pour elle, j’intercède, je la bénie et je demande la faveur de Dieu sur sa vie. Le premier jour, durant le soin, le Seigneur me dit “Dis lui qu’elle est une belle personne”. Ce que je fis : à l’oreille, je lui dis “Mme W, vous êtes une belle personne”. Elle eut un sourire, c’était la première fois qu’on lui disait cela. Elle avait plus ou moins toutes ses capacité motrices mais sa maladie depuis son plus jeune âge avait fait que son corps était déformé. Ce que m’a révélé Dieu ce jour-là c’est que cette patiente ne s’aimait pas, elle ne se trouvait pas belle, et avait même été rejeté par sa mère à cause de son handicap, ce qui l’avait beaucoup fait souffrir (cela m’a été confirmé par son mari et sa belle-fille). L’amour de Dieu a alors envahi mon coeur car Lui savait et il connaissait la raison de la rancoeur, de l’amertume de cette patiente, la blessure profonde qu’elle portait en elle. Je me doutais bien que la colère et le mépris de cette patiente étaient liés à sa condition physique mais je ne comprenais pas le réel impact psychologique que cela avait causé dans son âme. Elle avait besoin de se sentir belle et aimée. Par la suite, le corps de cette patiente s’est détendu et son humeur aussi.

Proverbe 15 : 24 « Les paroles agréables sont un rayon de miel, Douces pour l’âme et salutaires pour le corps. »

Depuis, les soins sont devenus complètement différents et cela n’a été possible que grâce à Dieu. Il m’a consolé au début puis il m’a rappelé combien il était amour et combien il aimait cette personne. Alors que je priais pour elle, Dieu changeait en même temps mon coeur, mes pensées et ma façon de voir cette situation. Il y travaille encore chaque jour mais je sais que je peux compter sur sa grâce pour le laisser déposer en moi son coeur.

Pour conclure ces deux articles, je dirai que chanter les louanges, prier, être reconnaissante et me rappeler la Parole et le coeur de Dieu, me tient constamment en éveil face à des situations difficiles. Il permet alors au Saint-Esprit de travailler mon caractère afin de laisser Jésus vivre en moi.

Ce n’est pas en comptant sur mes propres forces que je peux y arriver, mais comme disait l’apôtre Paul, « je puis tout par Christ qui me fortifie ».

Soyez béni(e)s!

Pour une vie passionnée,

                                                            Emma

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