Aujourd’hui, le jeûne est devenu une tendance de plus en plus pratiquée, notamment pour des raisons de santé.

Nous allons donc aborder dans cet article les points pratiques de cette cure de santé.

Pourquoi faire un jeûne ?

Pour commencer, le jeûne nous offre une sensation agréable de liberté et de légèreté, mais il permet aussi d’améliorer voire de guérir de nombreuses pathologies.

Pourtant, lorsqu’on parle de jeûne, nous avons peur. Peur de manquer, d’être affaibli, d’être affamé et de ne pas pouvoir y survivre.

Et si je vous disais, au contraire, que le jeûne aide à nous libérer de toutes les peurs et les angoisses que véhiculent notre société sur le sujet de l’alimentation et la santé ? On se rend compte que non seulement nous n’allons pas mourir après un jeûne mais que notre corps va être nourri (par nos propres ressources), détoxiné, revitalisé et être en pleine forme.

Pour surmonter cette peur, il est utile de comprendre les mécanismes physiologiques du corps et de savoir à quoi s’attendre. Une préparation et une reprise alimentaire adaptées permettront de mieux vivre le jeûne.

Jeûner est difficile ?

S’il est souvent difficile de vivre le jeûne, c’est parce que notre alimentation actuelle est bien trop riche en sucres raffinées, en protéines animales, en graisses et additifs. De plus, l’agriculture dite chimique (pesticides) ayant pris le dessus sur l’agriculture biologique, il est difficile aujourd’hui de retrouver une alimentation qualitativement nutritive.

Sans compter l’impact du stress sur notre organisme : travail, anxiété, pression hiérarchique, surmenage …, et de notre style de vie moderne : nous sommes moins connectés à nous-même au détriment de trop nous connecter virtuellement (internet, réseaux sociaux, téléphone, …).

Notre façon de vivre et de nous nourrir engendre un grand nombre de maladies (cardiovasculaires, cancer, maladies respiratoires chroniques, intolérances alimentaires, eczéma,…) qui deviennent presque habituels. Pourtant, cela ne devrait pas être le cas.

Quels sont les bienfaits du jeûne ?

Jeûner permet une économie d’énergie de l’organisme de 40% : l’énergie utilisée normalement pour la digestion sera utilisée de façon à renouveler les cellules de notre corps, à détoxiner les organes, les tissus et notre esprit.

Ainsi, on expérimente souvent une certaine euphorie grâce à la sécrétion de sérotonine, nous permettant de ressentir une stabilité émotionnelle, un bien-être général et une vitalité accrue.

En jeûnant, on remet les compteurs à zéro pour changer de cap et aller vers une vie plus équilibrée, en harmonie avec nos besoins et nos désirs physiques et émotionnels.

Le corps va se nettoyer de manière automatique et intelligente en éliminant ce qui est prioritaire au niveau des toxines. C’est le processus d’autophagie dans lequel le corps va cibler en priorité les cellules les plus faibles, inflammatoires et malades.

De nombreuses études ont ainsi démontrées l’amélioration de notre santé grâce au jeûne : hypertension, troubles de la circulation, excès de cholestérol, diabète de type II, problèmes gastro-intestinaux, stéatose hépatique, allergies, problèmes de peau, migraines, fibromyalgie, rhumatismes, maladies auto-immunes, ….

Attention, il existe toutefois des contre-indications au jeûne, notamment en cas d’hyperthyroïdie, d’anorexie, de boulimie, de cachexie, de diabète de type I, de grossesse, de période d’allaitement, de dépression, de psychose sévère, d’insuffisance rénale ou hépatique sévère, d’artériosclérose cérébrale ou coronale, de péritonite ou d’occlusion intestinale. De même en cas de prise de certains traitements comme les antibiotiques, le jeûne est à éviter. Il faut donc rester prudent.

Des études ont également montré l’intérêt du jeûne dans le traitement du cancer : il favorise l’autolyse des cellules malades tout en maintenant les cellules saines, et des recherches parlent même que des cellules malades peuvent redevenir saines (cellules « reversantes »).

Il est fortement recommandé d’avoir le soutien de son spécialiste et d’être accompagné par un naturopathe qui aidera à adapter l’alimentation et les périodes de jeûne.

Le jeûne permet de faire une pause dans notre vie : on peut prendre du temps pour soi et nous reconnecter à l’essentiel. Nous pouvons prendre le temps de nous écouter, l’esprit est beaucoup plus clair et lucide, c’est le moment de faire une mise au point sur soi et sur sa vie.

Comment jeûner ?

De préférence, et surtout si c’est la première fois, un accompagnement par un naturopathe ou dans un centre de cure, sera nécessaire voire obligatoire selon les pathologies et les antécédents médicaux de chaque personne. Le jeûne étant une démarche à la fois physique, émotionnelle et spirituelle, il engage un investissement personnel et le soutien, l’encouragement de notre entourage sera important.

Toutefois, il est possible de se lancer seul dans cette aventure : pour cela, je vous conseille la chaîne YoutTube Jeûner à la maison et le livre du même nom écrit par Justine Lamboley, qui a fortement inspiré cet article. Ayant déjà fait des jeûnes auparavant, ces moyens ont été suffisants pour m’aider à jeûner seule.

Combien de temps faire un jeûne ?

Encore une fois, c’est à vous de décider. Il ne faut pas négliger les petits commencements, cela évitera aussi de traumatiser votre corps. Pour ma part, il m’a été utile de commencer par une jeûne intermittent sur plusieurs semaines avant de faire un jeûne plus long.

Si vous n’êtes pas du tout habitués à jeûner, commencez par retarder le peti-déjeuner d’1h, puis 2h, puis 3h, …. jusqu’à ce que vous puissiez arriver à un jeûne de 16h et une période de repas sur 8h : c’est ce qu’on appelle le jeûne intermittent. C’est un bon moyen pour débuter.

Ensuite, vous pouvez pousser la période de jeûne intermittent plus loin dans le temps, sauter un deuxième repas, et lorsque vous êtes à l’aise, commencer à sauter les trois repas : vous aurez ainsi fait une journée de jeûne.

Il est important d’y aller progressivement pour mieux vivre cette expérience. Pour concrétiser cet engagement et vous aider à vous préparer psychologiquement, il faudra l’inscrire dans votre agenda : arrangez-vous pour éviter les rendez-vous et les repas sociaux, et choisissez de préférence une période où vous n’êtes pas au travail. Inscrire le jeûne dans un rythme calme et posé sera aussi bénéfique.

Quels sont Les différents types de jeûne ?

Le jeûne hydrique consiste à autoriser l’eau et les infusions de plantes durant la période jeûne. Il convient aux personnes qui ont déjà jeûné et à celles qui veulent mettre fin à leur addiction au sucre, à l’alcool, au tabac, ou autre, …. .

Le jeûne modifié permet un apport de 250 kcal par jour avec un jus de légumes frais, extractés, bio le midi et le soir. Cette cure conviendra aux personnes qui jeûnent pour la première fois, les personnes en sous-poids, les personnes fatiguées et déminéralisées, car elle permettra une reminéralisation en plus de la détoxination (voir mon article sur les jus de légumes).

Le jeûne sec, quant à lui, n’accepte ni aliment ni eau, et va obliger la lymphe à évacuer les déchets et les toxines plus rapidement. Il convient aux personnes plus expérimentées et qui ont une charge toxémique élevée.

Choisissez le type de jeûne qui vous correspond, ne cherchez pas à relever des défis, le jeûne n’est pas une performance, soyez seulement à l’écoute de votre corps.

Comment préparer le jeûne ?

En effet, le jeûne peut être source de stress supplémentaire si on décide de le faire sur un coup de tête, juste après avoir mangé un repas gastronomique.

D’où l’importance d’avoir une bonne préparation qui ne fera que renforcer les bénéfices de détoxination.

Pour cela, chaque jour, on va éliminer sur une semaine certains aliments pour aller vers un régime alimentaire composé de jus de légumes frais.

J-7 : on arrête thé, café, alcool

J-6 : on arrête les protéines animales, les produits laitiers et les produits sucrés artificiels

J-4 : on arrête les céréales, légumineuses, sel et épices

J-2 : légumes crus et fruits autorisés

J-1 : fruits crus et jus de légumes autorisés

Comment mieux vivre le jeûne ?

Outre une bonne préparation, il existe des méthodes qui permettront à l’organisme de mieux vivre le jeûne.

Une cure de plantes durant la phase de descente alimentaire aideront à libérer le foie et la vésicule biliaire pour un meilleur fonctionnement de ces organes lors du jeûne : aubier de tilleul, radis noir, artichaut, …

Pour ma part, j’ai choisi de prendre 1 CS de sirops de radis noir fait maison chaque soir. Pour cela, j’ai râpé 1/2 radis noir et, dans un contenant, j’ai alterné une couche de radis râpé avec une 1 cuillère à soupe de miel, et ainsi de suite. Puis j’ai laissé macéré durant 6h pour filtrer ensuite le sirop dans un bocal hermétique.

J’ai également fait un cure de chlorumagène, équivalent au chlorure de magnésium mais moins irritant pour les intestins, que vous trouverez facilement en pharmacie. Il permet de nettoyer en profondeur les intestins et de libérer le côlon des résidus de matières fécales à l’origine de notre sensation de faim compulsive. Je prenais donc 1/2 cc dans un grand verre d’eau le soir, au coucher.

Quoi faire pendant le jeûne ?

L’idée est de mettre notre organisme au repos. Alors profitez de ce temps pour vous reposer mais pour faire des activités agréables pour votre esprit comme la marche dans la nature, la méditation, la prière, tenir un carnet de pardon, de gratitude, pratiquer des exercices de respiration, de strechting, lire, faire une mise au point sur sa vie, ses projets, ect.

Il est temps de prendre ce temps pour vous et vous reconnecter à l’essentiel.

Quoi faire si j’ai des symptômes ?

Très souvent, du fait de notre style de vie et de nos habitudes alimentaires, nous ressentons divers symptômes après quelques heures de jeûne : nausées, migraines, maux d’estomac, vomissements, … Ce sont les signes d’élimination des toxines, alors si vous présentez ces symptômes, c’est bon signe, poursuivez et ne baissez pas les bras à ce stade.

En revanche, si certains symptômes persistent comme une arythmie cardiaque prolongée, des vomissements continus, des pétéchies (éclatement des vaisseaux sanguins sous la peau indiquant une fragilité et un épuisement de ces derniers), une rétention d’urine, alors stoppez le jeûne.

Comment reprendre l’ alimentation ?

Comme pour la phase de préparation, ce sera progressivement, sur quelques jours. Tout dépend de la durée du jeûne.

Cette phase de reprise alimentaire permettra une reconstruction de la flore intestinale et de reminéralisation du corps. En se réalimentant trop vite, on risque de s’exposer à de violentes douleurs abdominales. Le système digestif se remet en route et il est important de respecter son fonctionnement en y allant lentement.

Commencez par des jus de légumes verts, des légumes crus, des fruits, des graisses végétales (avocat, huile de coco). Ajoutez au fur et à mesure les protéines végétales, ensuite les céréales complètes non raffinées, puis les protéines minérales et enfin, de manière plus limitée, les produits laitiers, les excitants (thé, café, alcool) et les gâteaux, ect.

C’est l’occasion de mettre en place une nouvelle façon de se nourrir avec des habitudes plus saines, de manière quotidienne et à long terme.

Pour conclure

Le jeûne est une pratique aux multiples vertus mais qui est à réaliser dans de bonnes conditions, de manière encadrée et pour certains, avec un accompagnement adapté.

« Le jeûne change profondément notre perception de la nourriture et de la vie. Nous prenons conscience de notre comportement alimentaire, nous devenons plus attentifs à la façon de nous nourrir, et nous nous sentons surtout libérés de la peur de manquer ou de mourir de faim. »

Alors, convaincus ?

Pour aller plus loin et bénéficier d’un protocole de jeûne à la maison, je vous conseille de vous procurer le livre de Justine Lamboley (il coûte à peine 10€) et détaille très bien les bienfaits du jeûne, les phases de préparation et de réalimentation avec des conseils très pertinents pour mieux vivre son jeûne.

Les vidéos de Thierry Casasnovas sur le jeûne m’ont été également très instructives, je vous recommande de les regarder si vous êtes intéressé par le sujet.

Enfin, cet article a été écrit à titre informatif, basé sur mon expérience personnelle et mon apprentissage en naturopathie. Il ne consiste pas en une consultation médicale.

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